Vespa ACMA : la Vespa française (1950-1962) | BellaVespista
Fin 1950, un accord de licence entre Piaggio et un consortium industriel français donne naissance à ACMA (Ateliers de Construction de Motocycles et Automobiles), qui installe la production de la Vespa à Fourchambault, dans la Nièvre. Après environ 1 200 exemplaires entièrement italiens assemblés sur place le temps de monter l'outillage (juin 1950 – février 1951), l'usine produit ses propres Vespa jusqu'à fin 1962 : entre 300 000 et 350 000 exemplaires au total, tous cylindrées confondues, avec un pic d'activité de 2 800 salariés en 1958. La numérotation de série est propre à l'usine française et ne recoupe pas les codes châssis italiens — c'est elle qui permet de dater précisément un exemplaire. ACMA a également assemblé la Vespa 400 (petite automobile, ~34 000 ex., 1957-1961) et un triporteur utilitaire dérivé du 125 cm³, deux productions distinctes qui ne sont pas couvertes par cette page.
V50 « Bacchetta » & V51 1950 – 1952
- Présentation
- Fourchambault, fin 1950
- Production V50
- 2 199 ex. (1950-1951)
- Production V51
- ≈32 300 ex. (1951-1952)
- Numérotation
- 1 111 à 11 310 environ (1950-1951)
Le V50 est la toute première Vespa réellement produite en France (les tout premiers exemplaires assemblés en 1950 restant des kits italiens). Elle se distingue par un changement de vitesse par tringles articulées (« bacchetta »), une solution mécanique propre à cette courte série et abandonnée dès la génération suivante — seuls 2 199 exemplaires en sont équipés, ce qui en fait la Vespa française la plus rare.
Le V51 qui lui succède dès 1951 introduit le levier de vitesse au guidon (comme sur les Vespa italiennes contemporaines) et se reconnaît à son phare « œil de mouche », de forme arrondie et proéminente. C'est la première génération produite en très grande série (~32 300 exemplaires), et la première dont les caractéristiques moteur sont documentées avec précision.
V52 à V54 1952 – 1954
- Présentation
- Fourchambault, 1952
- Numérotation V52
- ≈11 100 à 35 600 (1952)
- Numérotation V53
- ≈35 600 à 70 200 (1953)
- Numérotation V54
- ≈70 200 à 118 100 (1954)
À partir de la fin 1952 (V53), le phare change une nouvelle fois de forme : il devient moulé et intègre désormais le compteur de vitesse, une évolution esthétique et pratique qui distingue immédiatement cette génération du V51/V52 à « œil de mouche ». Le réservoir passe à 6,5 litres. La production cumulée franchit le cap des 100 000 exemplaires dès 1953, un rythme industriel qui confirme le succès de l'implantation française.
Le V54, en 1954, apporte l'évolution mécanique la plus significative de toute la première génération 125 : le moteur adopte de nouvelles cotes « carrées » (alésage égal à la course) et gagne en puissance.
V55 & V57 1955 – 1958
- Présentation
- Fourchambault, 1955
- V55
- 1955-1958
- V57
- 1955-1957
- Numérotation
- ≈118 100 à 296 000 sur la période
Le V55 poursuit la production du 125 sur la base mécanique du V54, jusqu'en 1958. Le V57, dont les dates de production se chevauchent avec le V55 dans nos sources, reste moins bien documenté : il pourrait s'agir d'une désignation commerciale parallèle ou d'une variante mineure plutôt que d'une génération technique distincte.
125N 1959 – 1963
- Présentation
- Fourchambault, 1959
- Numérotation
- 296 000 à 329 788
- Statut
- Dernière génération 125 ACMA
Le 125N (« Nouveau ») clôt la lignée 125 ACMA. Il se reconnaît à la fixation du carburateur redessinée et à un guidon en alliage léger, deux évolutions qui allègent et modernisent l'ensemble par rapport aux générations précédentes. Sa production s'étend jusqu'à la fermeture de l'usine fin 1962, avec un dernier lot écoulé jusqu'en 1963.
150 GL & 150N 1956 – 1960
- 150 GL
- 1956-1958
- Numérotation 150 GL
- 1 111 à 15 159 (numérotation propre)
- 150N
- 1959-1960
- Numérotation 150N
- 15 500 à 20 132 (numérotation propre)
Les seules 150 cm³ produites par ACMA. La 150 GL (« Grand Luxe ») se distingue par ses pneus à flancs blancs Michelin de 9 pouces, une touche de finition qui tranche avec la sobriété des 125. Le 150N qui lui succède en 1959 apporte des améliorations de performance non détaillées dans nos sources.
Les deux séries ont leur propre numérotation, indépendante de celle des 125 cm³ — un repère utile pour ne pas confondre les plages de numéros lors d'une datation.
Comment identifier sa Vespa ACMA
- 01Numéro de série — propre à l'usine de Fourchambault, sans lien avec les codes châssis italiens (VNA, VMA...). C'est le repère le plus fiable pour dater un exemplaire, à condition de bien distinguer la plage des 125 cm³ de celle, séparée, des 150 cm³ (GL puis N).
- 02Changement de vitesse — par tringles articulées (« bacchetta ») uniquement sur le tout premier V50 (1950-1951, 2 199 ex.) ; toutes les générations suivantes adoptent le levier au guidon.
- 03Forme du phare — arrondi « œil de mouche » sur le V51/V52, puis moulé et intégrant le compteur de vitesse à partir du V53 (fin 1952).
- 04Cotes moteur — alésage 56,5 mm × course 49,8 mm (4 ch) sur le V51/V52, puis cotes « carrées » 54 × 54 mm (5 ch) à partir du V54 (1954).
- 05125N — guidon en alliage léger et fixation de carburateur redessinée, seule génération 125 à présenter ces deux traits.
- 06150 cm³ — pneus à flancs blancs Michelin 9 pouces sur la 150 GL (1956-1958), seul modèle ACMA à en être équipé de série.
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