Vespa ACMA : la Vespa française (1950-1962) | BellaVespista
Vespa ACMA : l'histoire de la Vespa fabriquée en France (1950-1962)
Dès 1949, pour répondre à l'engouement du marché français, Piaggio accorde une licence de fabrication à l'ACMA (Ateliers de Construction de Motocycles et Accessoires), qui s'installe le 25 novembre 1950 à Fourchambault, dans la Nièvre, sur le site d'une ancienne usine aéronautique. Entre juin 1950 et février 1951, environ 1 200 Vespa entièrement italiennes sont d'abord assemblées sur place à partir de pièces importées, avant que la production ne devienne progressivement française. La grande différence visuelle avec les modèles italiens de la même époque : le phare, positionné sur le guidon plutôt que sur le garde-boue avant, pour se conformer à la réglementation française.
Les grands modèles ACMA
Vespa ACMA "Tringle" ou "Bacchetta" (1950-1951) — Les tout premiers modèles assemblés à Fourchambault, répliques directes des Vespa italiennes 125 cm³ de l'époque. Comme leur nom l'indique, le changement de vitesse se fait par tringles articulées au guidon plutôt que par câbles. Seuls 2 199 exemplaires ont été produits (numéros de série 1.111 à 3.310), ce qui en fait aujourd'hui l'un des modèles ACMA les plus recherchés par les collectionneurs.
Vespa ACMA V51 (1951-1952) — Première génération réellement produite en France à grande échelle (32 300 exemplaires, numéros de série 3.311 à 11.310, puis jusqu'à 35.610 pour le millésime 1952). Reconnaissable à son phare "à œil de mouche" fixé directement en haut de la colonne de direction — une solution propre à l'ACMA, jamais reprise telle quelle par Piaggio en Italie. C'est en cours d'année 1951 que la commande de vitesses par tringles est définitivement remplacée par une commande à câbles.
Vespa ACMA V53 et modèle "N" / 150GL (à partir de fin 1952) — Avec le V53 apparaît le premier phare moulé intégrant le compteur, une évolution propre à l'ACMA que les Italiens reprendront eux-mêmes plus tard sur leur "Struzzo". La carrosserie évolue également : la tôle d'aluminium des capots, garde-boue et trappe de carburateur laisse place à de la tôle d'acier, et la contenance du réservoir passe de 5 à 6,5 litres.
La production française poursuit sa progression tout au long des années 1950 : la 100 000ᵉ Vespa ACMA sort des ateliers en avril 1953, puis la 150 000ᵉ en 1954. Au total, l'ACMA aura produit environ 300 000 à 350 000 Vespa entre 1951 et 1962, ainsi que près de 7 000 triporteurs "Ape". L'usine construira également, de 1957 à 1962, la Vespa 400, une petite voiture urbaine sous licence Piaggio — un tout autre véhicule, mais qui partage la même histoire industrielle française. Fragilisée par la baisse des ventes de scooters à la fin des années 1950 et la concurrence des petites voitures d'occasion, l'usine ACMA ferme définitivement ses portes le 31 décembre 1962.
Comment identifier une Vespa ACMA
- La position du phare sur le guidon (plutôt que sur le garde-boue) est la signature visuelle la plus immédiate d'un modèle assemblé en France.
- Sur les tout premiers modèles "Tringle", le changement de vitesse se commande par tringles articulées visibles le long du tube de direction, remplacées par des câbles à partir de 1951.
- La forme du phare permet de dater précisément le modèle : phare rond simple sur les Tringle et V51 "œil de mouche", phare moulé intégrant le compteur à partir du V53.
- La plaque émaillée du tablier avant porte la mention "Piaggio/Genova" sur les tout premiers exemplaires, puis "P/ACMA" par la suite.
- Le numéro de série, comme sur les modèles italiens, reste le repère le plus fiable pour situer précisément l'année de fabrication.
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